Quelles solutions pour soulager la sécheresse oculaire ?

Vous ressentez des picotements, une sensation de sable dans les yeux ou une gêne en fin de journée ? Ces symptômes peuvent être liés à une sécheresse oculaire. Fréquente, elle touche plusieurs millions de personnes et devient plus fréquente avec l’âge.

Dans la plupart des cas, des mesures simples permettent d’améliorer le confort des yeux. Lorsque les symptômes persistent, un avis ophtalmologique est recommandé afin d’identifier la cause et de mettre en place un traitement adapté.

Qu’est-ce que la sécheresse oculaire ?

La surface de l’œil est recouverte d’un film lacrymal, constitué de plusieurs couches qui protègent, hydratent et lubrifient l’œil.

La sécheresse oculaire survient lorsque :

  • la quantité de larmes produite est insuffisante ;
  • les larmes s’évaporent trop rapidement ;
  • ou lorsque le film lacrymal est de mauvaise qualité.

Il peut s’agir d’un phénomène temporaire ou persistant.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais les plus fréquents sont

  • une sensation de sable ou de corps étranger dans l’œil ;
  • des picotements ou des brûlures ;
  • une gêne lors du port de lentilles de contact ;
  • une vision floue qui s’améliore après avoir cligné des yeux ;
  • une sensibilité à la lumière ;
  • des yeux rouges ;
  • un larmoiement paradoxal, qui correspond à une production réflexe de larmes en réponse à l’irritation.

Si ces symptômes deviennent fréquents ou persistent malgré les mesures d’hygiène, une consultation chez un ophtalmologiste est conseillée.

Quelles sont les causes des yeux secs ?

La sécheresse oculaire est favorisée par plusieurs facteurs :

  • l’âge, avec une diminution progressive de la production de larmes ;
  • les modifications hormonales, notamment après la ménopause ;
  • le travail prolongé sur écran, qui réduit la fréquence du clignement des yeux ;
  • le port de lentilles de contact ;
  • certains médicaments (antihistaminiques, antidépresseurs, bêtabloquants, traitements hormonaux…) ;
  • les environnements secs (climatisation, chauffage, vent, fumée de tabac).

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose avant tout sur un examen réalisé par un ophtalmologiste.
Selon les symptômes, différents examens peuvent être proposés :

  • l’évaluation du temps de rupture du film lacrymal (Break-Up Time) ;
  • le test de Schirmer, qui mesure la production de larmes ;
  • la coloration de la surface de l’œil à l’aide de fluorescéine ou de vert de Lissamine afin d’évaluer l’état de la cornée et de la conjonctive.

Ces examens permettent d’orienter le traitement en fonction du type de sécheresse oculaire.

Quels traitements peuvent être proposés ?

Le traitement dépend de la cause et de la sévérité des symptômes.

Les larmes artificielles
Les larmes artificielles sont généralement le traitement de première intention. Elles permettent d’hydrater la surface de l’œil et d’améliorer le confort visuel.

Chez les personnes qui utilisent les collyres plusieurs fois par jour, les formulations sans conservateur sont généralement privilégiées afin de limiter le risque d’irritation.

Traiter l’inflammation si nécessaire
Chez certains patients, une inflammation chronique de la surface oculaire entretient la sécheresse.

Dans ce cas, l’ophtalmologiste peut prescrire un traitement anti-inflammatoire adapté, en fonction de la situation clinique.

Prendre en charge la cause
Lorsque cela est possible, le traitement consiste également à corriger le facteur favorisant :

  • adapter les lentilles de contact ;
  • revoir certains traitements avec le médecin traitant si nécessaire ;
  • traiter une atteinte des glandes de Meibomius ;
  • prendre en charge une maladie générale responsable de la sécheresse.

Les bons gestes au quotidien
Quelques habitudes peuvent aider à limiter les symptômes :

  • faire des pauses régulières lors du travail sur écran et penser à cligner des yeux ;
  • éviter de diriger un ventilateur ou une climatisation vers le visage ;
  • maintenir une humidité suffisante dans les pièces de vie ;
  • porter des lunettes de soleil en cas de vent ;
  • boire suffisamment d’eau dans le cadre d’une bonne hydratation générale.

L’alimentation et le microbiote ont-ils un rôle ?

Une alimentation variée et équilibrée contribue à la santé générale, y compris celle des yeux.

Le DHA contribue au maintien d’une vision normale, pour un apport quotidien de 250 mg.

Par ailleurs, les recherches récentes s’intéressent au rôle du microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes présents dans notre intestin. Les scientifiques étudient l’existence d’un axe intestin-œil, selon lequel l’équilibre du microbiote pourrait influencer certaines réponses immunitaires et inflammatoires impliquées dans différentes maladies oculaires, dont la sécheresse oculaire.

Même si ces résultats sont encourageants, les connaissances actuelles ne permettent pas d’affirmer qu’une modification du microbiote intestinal, une alimentation spécifique ou la prise de probiotiques permettent de prévenir ou de traiter la sécheresse oculaire. Les données cliniques disponibles restent limitées et des études complémentaires sont nécessaires avant de pouvoir formuler des recommandations spécifiques.

Adopter une alimentation riche en fibres, fruits, légumes, légumineuses et aliments fermentés contribue à entretenir un microbiote diversifié, bénéfique pour la santé générale. À ce jour, aucun bénéfice spécifique sur la sécheresse oculaire n’a toutefois été démontré.

À retenir
La sécheresse oculaire est une affection fréquente qui peut avoir un impact important sur le confort visuel. Dans la majorité des cas, une prise en charge adaptée associant mesures d’hygiène, larmes artificielles et traitement des causes permet d’améliorer les symptômes.

L’alimentation contribue au fonctionnement normal de la vision. Les recherches sur le microbiote intestinal ouvrent également de nouvelles perspectives pour mieux comprendre certaines maladies oculaires, notamment grâce au concept d’axe intestin-œil, mais les preuves actuelles sont encore insuffisantes pour recommander une intervention spécifique ciblant le microbiote dans la prise en charge de la sécheresse oculaire .

En cas de gêne persistante, de douleur, de baisse de vision ou de rougeur importante, il est recommandé de consulter rapidement un ophtalmologiste.


Sources :

  • Assurance Maladie (ameli). Sécheresse oculaire : définition, symptômes et causes.
  • TFOS DEWS II. The Tear Film & Ocular Surface Society Dry Eye Workshop III Report. The Ocular Surface. 2017.
  • Santé publique France. Programme National Nutrition Santé (PNNS 5).
  • Règlement (UE) n°432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 (allégations autorisées : DHA).
  • Russell MW, Muste JC, Kuo BL, et al. Clinical trials targeting the gut-microbiome to effect ocular health: a systematic review. Eye. 2023;37(14):2877-2885.
  • Lin P. The role of the intestinal microbiome in ocular inflammatory disease. Current Opinion in Ophthalmology. 2018;29(3):261-266.

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